l'histoire de Junas

Les Origines de notre village remonterait au XIIème siècle, Junas était alors une petite forteresse fermée par deux porches, aujourd'hui encore visible. Les murs des maisons extérieures étaient équipées de meurtrières assurant ainsi une meilleure défense, et les rues du centre construites en chicane ; un four à pain et un puit d'eau potable complétaient le tableau.
Il est probable que Junas, fortifié, devait regrouper une vingtaine d'habitation intra-muros, le premier recensement de population, vers 1384, ne dénombre que 5 familles (entre 20 et 80 personnes) soit relativement peu, surement la conséquence de l'épidémie de peste qui frappa la région entre 1348 et 1349 et des temps de disettes (de 1350 à 1450, le Midi perdit un tiers de sa population).

L'agriculture de l'époque étant principalement céréalière, la vigne y est quasimment absente, les champs alentours ne se composent que d'orge, de froment voire de seigle. A ces cultures s'ajoutent petits jardins et maraîchers, probablement situé entre les actuelles rues des Ecoles et du Moulin à Huile, chacun y récoltant pois, fèves ou navets complément à la nourriture de base, le pain (peu de viande, boeuf ou porc essentiellement). Au moyen-âge un ou deux moulins à huile existaient vraisemblablement, l'Olivier étant une ressource non négligeable, par contre aucune traces de moulin à blé ce qui devait contraindre les paysans à transporter le grain jusqu'au moulin du Vidourle et probablement même du Lez.

L'aspect du village se voit bien modifié au cours des trois siècles suivant. Les maisons de l'époque médiévale ont presque toutes été transformées, ne conservant que les voûtes, mais l'essentiel du tracé des rues reste identique. Le village s'agrandit hors des murailles de façon inhabituelle, trois îlots distants se formant autour des jardins, l'une des raisons les plus plausible étant le facteur religieux. Cependant, tout gravite encore autour du four commun, du moulin à huile et de l'église, le village possède également en 1790, deux cabarets, deux boucheries et une forge (place de la croix). Enfin et surtout, la communauté dispose désormais d'un moulin à blé, prés du ruisseau de Corbières, un document de 1482 attestant d'un contrat passé entre le seigneur d'Aubais et les habitants de Junas.

Ce manuscrit atteste également l'existence de procureurs désignés sur Junas, plus tard remplacés par des syndics puis par des consuls au XVIIIème siècle. Vers 1740, il y a deux consuls assistés par un Conseil Politique formé des notables du village.
La part des impôts seigneuriaux, l'ampleur et la collecte de la dîme reste encore floue, par contre les impôts royaux étaient prélevées par des collecteurs nommés parmi les notables, les consuls répartissant probablement eux-même l'impôt entre les habitants. A plusieurs périodes il est toutefois relevé la difficulté à assumer certaines taxes par la communauté, ainsi vers 1764, les habitants sont dans l'impossibilité de payer leurs impôts tout en entretenant leur famille, cela démontre l'augmentation conséquente des charges fiscales à cette époque-là.

En 1786, un traité ouvre le marché Français aux produits étrangers, surtout le textile, à cela des intempéries (grêle et pluie) endommagent la récolte de céréales, le pain devient hors de prix. L'hiver suivant fut trés froid, les moulins cessèrent de tourner, les oliviers gelés. En 1791 deux inondations emportent cultures et semences, d'où pénurie de blé dans tout le département, la situation des petits propriétaires ruraux et des ouvriers des campagnes se dégradent et les petites manufactures du canton de Sommières, ralentissent leur activité.

De 1789 à 1791 la conquête du pouvoir est irréversible, les Etats Généraux sont convoqués en mai 1789.
La population des campagnes se met à redouter le rétablissement des privilèges, les plus exaltés commencent à s'en prendre aux signes extérieurs de noblesse (girouettes, blasons, armoiries etc.). Les tours constituent un objectif prioritaire, elles appartiennent toutes à une famille de haut rang et permettent de tirer sur les assaillants.
Arles et Avignon sont sous l'emprise des contre- révolutionnaires, le lundi 26 mars 1792, une embarcation présenté comme neuve et solide coule à pic, les 69 volontaires du 2ème bataillon du Gard se noient dans le Rhône . Suite à cette noyade, des malintentionnés propagèrent le bruit d'un attentat royaliste, dans les communes d'origine des victimes.
Des bandes d'émeutiers sévissent alors pendant plus d'une semaine.
Rapport de Jean-François Puech membre du Directoire de Sommières :
"Nous avons dirigé notre course sur Aujargues, dont nous avons découvert au loin le château en proie aux flammes, trois enfants de Junas, interpellés, nous ont indiqué où étaient les auteurs de l'incendie".
Ces incidents s'accentuent le 1er avril avec les incendies et le pillage des châteaux d'Aubais, Gallargues et Aujargues et le 2 avril ceux des Châteaux de Montpezat, Florian, Valfons (Sauve), Pondres et tant d'autres jusqu'au 5 Avril.

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